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Charles Borel-ClercAuteur

Biographie

*L'homme aux milles chansons*


Charles Borel-Clerc, le chansonnier compositeur dont on fredonne les refrains depuis 1903 est né à Nay, le 22 septembre 1879 et est mort à Cannes le 9 avril 1959, fils de Joseph Clerc, ingénieur électronicien et de Sophie Borel. Charles Borel-Clerc fit ses études à Toulouse et devait préparer l'école centrale mais un ami de son père, professeur de trompette au conservatoire, va l'initier au Haut-bois. Après dix mois d'études, il rentre au conservatoire de Paris et obtient le 1er prix a l'unanimité en 1900 ; ses condisciples étaient : Philipe Gaubert, Ingelbrecht, etc.


En 1903, sa première chanson est commandé par les éditions Hachette pour une danse sur des motifs Latino qu'il déposera huit jours plus tard à la société des auteurs compositeurs sous le titre de "La Mattchiche". Le succès, amplifié par l'interprétation de Mayol, est si considérable que le compositeur débutant est lancé d'un jour à l'autre... Et, bien plus tard Gershwin la choisira dans "Un américain a Paris" pour faire danser des personnages 1900. La Maison d'édition Ricordi fait appeler ce jeune compositeur qui du jour au lendemain a séduit Paris et se l'attache en exclusivité. Il accepte de donner a Ricordi six chansons par an contre la somme fort coquette pour l'époque de 500 francs par chanson (belle somme pour l'époque, mais six chansons par an c'est peu pour un auteur prolifique). Un autre éditeur, Joullot lui en commande 24 par an. C'est alors qu'il écrit pour Mayol : "Amours de trottins", "Clématite", "La Tizi-Ouzou", "Fleur de Paris" ainsi que : "Tu m'as donné le grand frisson" sur des paroles de Maurice de Feraudy.


Le succès s'affirmant, il décide de s'éditer lui-même et fonde en 1908, la maison d'éditions qui porte son nom et où les interprètes viennent choisir et répéter ses chansons. A ce moment plus de 250 000 petits formats sont vendus. De 1908 a 1914, Mayol, Dranem et Bérard sont les interprètes du succès. Borel-Clerc trouve en Bérard, chanteur populaire par excellence, dont il fera tout le répertoire, un magnifique interprète. Bérard triomphe à l'Eldorado, où il jouera jusqu'à la fin de sa carrière en 1925. Et tandis que Bérard continue à chanter ses chansons, éclate soudain la Première guerre mondiale.


A partir de 1916, Borel-Clerc compose les chansons de "guerre", "Le hussard de la mort", "L'étendard étoile", "L'homme rouge", "Ils ont rendu l'Alsace", "Le moulin de l'espion", "Mon vieux clocher", "On a gagne la guerre", " T'en fais pas Mimile", "La valse bleu horizon", etc. Enfin arrive un certain 11 novembre 1918 et au milieu des effusions de joie nationale qui envahissent les rues de Paris, Borel-Clerc rend visite à Lucien Boyer. Ils ont l'idée d'une chanson, Boyer propose : "j'ai des paroles à mettre en musique, mais cette musique, il me la faut pour ce soir", la chanson doit paraître demain dans le journal "Le Matin". "D'accord", dit Borel-Clerc, "tu auras ta musique! ". Il revient chez Lucien Boyer vers 16 heures avec un petit rouleau de papier sous le bras : c'est "la Madelon de la victoire", dédiée a MM Bousquet et Robert les auteurs de l'immortelle chanson "Quand Madelon" (cette chanson a été créée pour la grande revue du casino de paris par Rose Amy et reprise, en 1919 par Maurice Chevalier). Le type même de chanson victorieuse de circonstance, qui fait honneur au flair de ses auteurs. Lucien Boyer reçut pour elle la Légion d'honneur : il est vrai qu'il s'agissait d'une erreur de l'administration qui avait confondu cette " Madelon " avec l'autre, ce qui fit rire Clemenceau.


En 1944, une nouvelle édition/adaptation anglaise est présentée avec les noms des généraux Anglais. La victoire : on la chante partout dans les cafés, elle remplit les théâtres, elle remplit les music-halls. Le Casino de Paris et sa revue à grand spectacle , sous la direction de Léon Voltera qui y lança avec Jacques Charles, s'attache Borel-Clerc et ceci pendant douze ans. Chaque revue lance un nouveau succès : - dans la revue "Paris qui remue" : "Les hommes ne mentent jamais" - dans la revue "Pour toi Paris" : "La marche de Ménilmontant" - dans la revue "Amour de Paris" : "Ah! si vous connaissiez ma poule", ainsi que "Tu verras Montmartre", "Pardon Mam'zelle", "On dit ça", "Mirage", etc.


En 1920, Borel-Clerc compose "Lison-Lisette" créé par Bérard et qui a eu tant de vogue a Bruxelles, parce qu'elle symbolisait à merveille l'amitié franco-belge ; autant de succès de gouaille et d'optimisme. Maurice Chevalier s'impose dans la revue au Casino de Paris où il obtient ses premiers succès de chansons. Dans ces années qu'on surnommera "folles", il représente la modernité. C'est l'ambassadeur de la gaieté et du charme français et Borel-Clerc lui apportera quelques une de ses meilleures création. Citons parmi d'autres : "Ma régulière", "Le chapeau de zozo", "La marche de Ménilmontant", "Si fatigue", "Ah! si vous connaissiez ma poule", "Je veux que tout le monde", "La cane du Canada", "Ma pomme". Après Chevalier, Mistinguett chante à son tour Borel-Clerc.


Vers 1920 et ce jusqu'en 1931, il sera directeur artistique de Pathé-Marconi. Il travaille aussi avant-guerre pour Paramount et fait sept films. Borel-Clerc fut aussi pendant huit ans administrateur de la SACEM, président de la commission du cinéma. Pour ses débuts Tino Rossi chante "Souviens-toi" de Borel-Clerc. C'est un tel triomphe que Tino Rossi lui demande d'écrire une nouvelle composition à interpréter qui sera : "Vous n'êtes pas venue dimanche",... A son tour la môme piaf qui n'était pas encore Edith Piaf, inscrit à son répertoire : "Fais-moi valser", "Les deux copains", "La fille et le chic", ainsi qu'André Claveau et Jean Lumière "Y avait un thé tango", "J'ai deux amours", "Sur mon petit voilier". Mais la guerre va perturber quelque peu cette harmonieuse carrière et en 1943 le piano de Borel-Clerc reste muet.


Puis arrivent les succès de la libération que l'on sait : "Ah! le petit vin blanc" créé par Michelle Dorlan au petit casino et enregistré par Lina Margy et même chanté aux Etats-Unis par Lucienne Boyer,... Si "la Matchiche" a été l'hymne de la belle époque et a perpétué jusqu'à nos jours le souvenir de la gaieté turbulente de 1900, "Ah! la petit vin blanc" a sans doute contribué à nous rendre cette indispensable joie de vivre qui avait disparue avec les deux conflits mondiaux.


En près de cinquante ans, des centaines de chansons porteront le nom de Charles Borel-Clerc. Il fut terrassé par une embolie le jeudi après-midi 9 avril 1959. Avec Charles Borel-Clerc disparaissait un des maîtres de la chanson populaire. Il représentait toute une époque de gaieté et d'insouciance, et ses innombrables créations à succès jalonnent la 1ère moitié du XX° siècle. Nous remercions Mme Germaine Borel-Clerc pour la documentation fournie.