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Alexandre VarletArtiste

Biographie

Pour son troisième album, Alexandre Varlet s'offre un nouveau départ avec ce Ciel de Fête tranchant et moderne.


A 32 ans, ce chanteur nourri à la cold wave et au post-punk signe un retour marquant grâce à cet album réconciliant enfin, en France, urgence pop et fluidité des mots. En onze titres (dont deux instrumentaux), Ciel de Fête alterne ainsi les climats (de la tension palpable dans de “ Le Sens de l'orientation ” ou “ Cours Cow-boy ” à l'apaisement relatif de balades comme “ Presque monde ” et “ Tutti Quanti ”) et laisse éclater un feu d'artifice intime et bruyant à la fois.


Une renaissance.


Alexandre Varlet a, semble-t-il, toujours eu un peu de mal à se situer sur la scène musicale française. Il faut dire que les chanteurs hexagonaux se sentant de fortes affinités avec le post-punk et la cold wave ne courent pas forcément les rues… “Il est clair, explique-t-il, que ce sont plutôt des gens comme Joy Division, les Stranglers ou Television qui m’ont donné envie de faire de la musique. Quand j’ai découvert ces groupes et, plus généralement, ceux des labels 4AD et Factory, je me suis payé une guitare acoustique avec l’intention d’essayer de reproduire, à ma manière, la complexité de ces univers sonores.” A cette époque, le chanteur était surtout préoccupé par l’idée de jouer avec ce qu’il désigne comme une “matière sonore” : “Les limites de l’acoustique faisaient que j’étais obligé de me concentrer sur ma voix et sur ses inflexions pour obtenir une matière qui soit suffisamment dense et malléable.” C’est aussi via cette pratique artisanale d’une certaine idée du folk que Varlet dit s’être rapproché de chanteurs comme Nick Drake ou Tim Buckley : “Le coffret de Nick Drake avait été un choc pour moi. Et c’est à partir de là que j’ai basculé vers le dark folk de groupes comme Death In June ou Current 93.”


En tout cas, si son horizon musical était ouvertement rock et anglo-saxon, Alexandre Varlet avoue n’avoir jamais eu la moindre problème avec l’idée de chanter en français : “Pour moi, il a toujours été évident que j’allais écrire et chanter en français. Je n’ai jamais envisagé les choses autrement. Musicalement, et en dehors de gens comme Ferré, Trénet ou Lapointe que mes parents m’ont fait écouter pendant l’enfance, j’ai surtout été marqué par les premiers Daho ou des gens comme Bashung et Murat.”


Sur disque, ses textes français étonnent par leur capacité à répondre aux exigences de fluidité du format pop (et ce pas uniquement à cause de cette poignée de “all right/hum hum” lâchés avec panache et précision sur “Montre Toi”) : “Lorsque je compose, je commence toujours par élaborer les textes en yaourt. Ensuite, je me mets à chercher les mots qui vont pouvoir donner un corps et un sens à ce yaourt.” Aujourd’hui, après neuf ans de carrière (il a sorti deux albums en 1998 et 2003) et un peu plus de trois cents concerts, ce natif de La Rochelle évoque la sensation d’un nouveau départ : “Pour Ciel de Fête, j’avais envie de revenir à une musique plus instinctive, plus directe. Donc on a tout enregistré en deux semaines dans le home studio de Nicolas Leroux (du groupe Overhead). Tout a été fait comme ça, à quatre mains, si bien qu’au final je me retrouve à jouer pratiquement de tous les instruments. Ensuite, on est allé mixer le tout au studio de la Frette.”


Très convaincant, le résultat est un disque pop impeccablement moderne oscillant entre brûlots pop aux accents post-punk (“Montre Toi”, “Cours cow-boy”) et balades acoustiques magnifiquement désolées (“Ciel de Fête”, “Tutti Quanti”). Mais Ciel de Fête est aussi un disque constamment traversé le besoin de raccrocher une intériorité tourmentée à des repères extérieurs, qu’ils soient climatiques ou géographiques, concrets (“Combien de kilomètres avant la fin de mes tempêtes ?” chante-t-il ainsi dans “Le Sens de l’orientation”). En parlant de sa musique, Alexandre Varlet livre cette confidence : “J’ai l’impression que la musique que je recherche est un mélange d’organique, de minéral, d’urbanité… et de bruit blanc”. Une définition aussitôt contrebalancée par cette règle en forme de premier commandement pop : “Mon but reste quand même d’écrire des chansons qui papillonnent, des chansons qui se sifflent et qui rentrent dans la tête. Car, tout ça, finalement, ce n’est que du plaisir.” Mission accomplie.